ORDRE DU DRAGON D’ANNAM

 

 

- 10 mai 1896 -

 

 

 

 

HISTORIQUE

 

 

La France présente en Cochinchine depuis 1848, établit le protectorat sur l’Annam en 1883. Le 14 mars 1886, l’empereur d’Annam, Dong-Khanh ( de la dynastie NGUYEN ), créait l’Ordre impérial du Dragon de l’Annam ou « Ordre du Dragon vert », pour commémorer son alliance avec la France.
A partir du décret du 10 mai 1896, il devint un de nos Ordres coloniaux, sous le nom d’Ordre du Dragon d’Annam, pour être attribué indifféremment par l’empereur d’Annam ou par le gouvernement français.

C’était un Ordre à cinq classes, structuré à l’image de la Légion d’honneur :

  – les grades de Chevalier, d’Officier et de Commandeur ;

  – les dignités de Grand Officier et de Grand-croix.

Le Président de la République française était de droit Grand-croix de l’Ordre du Dragon d’Annam.

L’Ordre du Dragon d’Annam récompensait les services civils et militaires des étrangers ou des sujets de l’empereur d’Annam.
De 1896 jusqu’au décret du 14 juillet 1933, l’Ordre récompensait lorsqu’il était attribué par le gouvernement français :

  – les personnes qui justifiaient d’un séjour effectif minimum de trois ans outre-mer, dans les territoires de l’Indochine ;

  – les personnes qui ne justifiant pas d’un séjour outre-mer, ont cependant rendu des services à l’expansion coloniale.

A compter du 14 juillet 1934, de nouvelles dispositions furent prises : nul ne pouvait être nommé s’il n'avait pas 29 ans révolus et ne justifiait pas d’au moins neuf années de services civils ou militaires ou de pratique professionnelle, le temps passé outre-mer étant compté pour deux ou trois fois sa durée, selon la nature du séjour.
A l’instar des autres ordres coloniaux, un contingent spécial, ouvert par décret, pouvait récompenser les services rendus par les organisateurs, collaborateurs ou exposants des expositions ou des manifestations importantes purement coloniales.

Il fut supprimé en tant qu’Ordre colonial par le décret du 5 mai 1950 et devint alors ( décret du 1er septembre 1950 ) un Ordre des États associés de l’Union française.
Le dernier empereur d’Annam, Bao-Daï, le décernera jusqu’à sa totale disparition, quelques mois après la création de la République du Viêt-Nam en 1955.

 

Pour un complément d'information sur l'Ordre du Dragon d'Annam, voir la fiche " Généralités sur les Ordres coloniaux "

 

 

 

CARACTÉRISTIQUES

 

 

RUBANS

 

 

Largeur de 37 mm.
Différents rubans furent portés :
– de 1886 à 1896 :

  - ruban blanc bordé de chaque côté par un large liseré orange dans le cas d’une attribution de l’Ordre à titre militaire ;

  - ruban vert bordé de chaque côté par un large liseré orange dans le cas d’une attribution de l’Ordre à titre civil.

– après 1896 :

  - ruban rouge bordé de chaque côté par un large liseré jaune dans le cas d’une attribution de l’Ordre par l’empereur d’Annam ;

  - ruban vert bordé de chaque côté par un large liseré orange dans le cas d’une attribution de l’Ordre par le gouvernement français.

Ruban d’Officier à rosette aux couleurs du ruban correspondant de 30 mm de diamètre.
Cravate permettant le port en sautoir pour le grade de Commandeur.
Ruban moiré aux couleurs de l’attribution correspondante de 10 cm de largeur, permettant le port en écharpe, pour la dignité de Grand-croix.

 

 

INSIGNES

 

 

CROIX

 

 

Étoiles unifaces, à huit pointes diamantées constituées chacune par des rayons partant d’un médaillon central de forme ovale représentant sur un fond d’émail bleu l’inscription en idéogrammes annamites dorés  DONG-KHANH  HOANG-DE , entourée de quatre motifs héraldiques.
Le médaillon central était bordé par un cercle d’émail rouge.
L’étoile était surmontée par une couronne impériale suspendue à un dragon émaillé de vert formant bélière.
L’insigne des Chevaliers était en argent, celui des Officiers, Commandeurs, Grands Officiers et Grands-croix étant en vermeil ou en or.

 

 

PLAQUE

 

 

Grande étoile uniface au module de 105 mm, à seize pointes diamantées et constituées chacune par des rayons partant de la surface centrale occupée par un dragon d’émail vert en relief, tenant entre ses griffes un médaillon de forme ovale, bordé par un cercle d’émail rouge et qui représentait sur un fond d’émail bleu l’inscription en idéogrammes annamites dorés  DONG-KHANH  HOANG-DE , entourée de quatre motifs héraldiques.
La queue du dragon apparaissait sur la partie basse de l’étoile, une partie du corps et la tête débordant sur la droite et le haut.
La plaque de Grand-croix était en argent avec le médaillon central réalisé en bronze doré.

 

 

 


 

 

 

TEXTES OFFICIELS

( Liste non exhaustive )

Sources :
Bibliothèque nationale de France & Légifrance

 

 

CIRCULAIRE n° 227 du 3 novembre 1894
Récépissé de versement au Trésor à joindre
à l'appui des demandes en autorisation de porter
les insignes des Ordres du Cambodge et du Dragon de l'Annam

Bulletin Officiel du ministère des Colonies
Année 1894 - N° 11 - Page 814

 

 

Le Ministre de la Marine, à Messieurs les Vice-Amiraux commandant en chef, Préfets maritimes ; les Officiers généraux, supérieurs et autres commandant à la mer ; le Commandant de la Marine en Algérie ; les Directeurs des Établissements de la Marine hors des ports ; le Général commandant en chef les troupes en Indo-Chine ; les Commandant militaire, Commandants supérieurs et Commandants des troupes aux Colonies.

( Ministère de la Marine, – Direction du Personnel ; – 3e Bureau : Troupes de la Marine, 1re et 2e Sections ; – 1er Bureau État-Major de la flotte ; – 2e Bureau : Équipages de la flotte ; – 4e Bureau : Corps entretenus et Agents divers ; Justice maritime. )

Paris, le 3 novembre 1894.

Messieurs, les demandes en autorisation de porter les insignes de chevalier des Ordres du Cambodge et du Dragon de l'Annam, formulées par des officiers des divers corps de la Marine, sont parfois accompagnées d'un récépissé constatant le versement, au profit du Budget du Protectorat de l'Annam et du Tonkin, d'une somme de dix francs, exigé par l'Administration des Colonies pour la délivrance du brevet.
J'ai l'honneur de vous prier de rappeler aux autorités placées sous vos ordres que ce versement est indépendant de celui qui est prévu pour droits de Chancellerie ( circulaire du 17 décembre 1887, B.O., p. 633 ), et dont la justification doit toujours être jointe au dossier à transmettre à la Grande Chancellerie de la Légion d'Honneur.
J'ajouterai que la production, à l'appui des demandes dont il s'agit, du récépissé du payement effectué pour le compte du Budget du Protectorat, est absolument inutile, et ne peut qu'amener une confusion qu'il importe d'éviter.
L'insertion au Journal officiel et au Bulletin officiel de la Marine tiendra lieu de notification.
Recevez, etc.

Félix Faure.

 

 

 


 

 

 

DÉCRET du 9 septembre 1917
attribuant de plein droit à l'empereur d'Annam et au roi du Cambodge,
respectivement, le grade de grand-croix de l'ordre du Dragon de l'Annam et celui de grand-croix de l'ordre du Cambodge

J.O. du 19 septembre 1917 - Page 7425

 

 

RAPPORT AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Paris, le 9 septembre 1917.

Monsieur le Président,
Le gouverneur général de l'Indo-Chine vient d'appeler mon attention sur l'opportunité qu'il y aurait à ce que l'empereur d'Annam et le roi du Cambodge fussent, de plein droit, le premier grand'croix de l'ordre du Dragon de l'Annam, le second, grand'croix de l'ordre du Cambodge.
Comme le fait remarquer M. Sarraut, il parait quelque peu paradoxal que les souverains protégés ne puissent revêtir le grand cordon de leurs ordres respectifs avant d'avoir reçu la notification de leur nomination et de leur inscription sur les registres de contrôle de la grande chancellerie.
Je partage entièrement cette manière de voir et j'estime qu'il serait plus logique que la notification de leur avènement au trône faite à la grande chancellerie de la Légion d'honneur ait pour effet d'entraîner ipso facto leur inscription de droit parmi les plus hauts dignitaires de l'ordre.
Tel est l'objet du décret que j'ai l'honneur de soumettre à votre haute sanction et que je vous serai obligé de revêtir de votre signature si vous voulez bien en approuver les termes.
Je vous prie d'agréer, monsieur le Président, l'hommage de mon profond respect.

Le ministre des colonies, Maginot.

*****

DÉCRET

Le Président de la République française,
Sur la proposition du grand chancelier de la Légion d'honneur et sur le rapport du garde des sceaux, ministre de la justice et du ministre des colonies,
Le conseil de l'ordre de la Légion d'honneur entendu,
Vu le décret du 16 mai 1907 réglementant les conditions de nomination et de promotion dans les ordres coloniaux,

Décrète :

Art. 1er. — L'empereur d'Annam et le roi du Cambodge sont de plein droit, le premier, grand croix de l'ordre du dragon de l'Annam ; le second, grand croix de l'ordre du Cambodge.
La notification de l'avènement de ces souverains au trône, faite à la grande chancellerie de la Légion d'honneur par le ministre des colonies a pour effet d'entraîner ipso facto leur inscription parmi les plus hauts dignitaires de l'ordre.

Art. 2. — Le garde des sceaux, ministre de la justice, le ministre des colonies et le grand chancelier de la Légion d'honneur sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret.

Fait à Paris, le 9 septembre 1917.

R. Poincaré.

Par le Président de la République :
Le garde des sceaux, ministre de la justice, René Viviani.
Le ministre des colonies, Maginot.
Pour exécution :
Le grand chancelier de la Légion d'honneur, Gal Florentin.

 

 

 


 

 

 

DÉCRET du 5 mai 1950
portant suppression de l'ordre colonial du Dragon d'Annam

J.O. du 9 mai 1950 - Page 5049

 

 

Le Président de la République,
Sur le rapport du président du conseil des ministres, du garde des sceaux, ministre de la justice et du ministre de la France d'outre-mer,
Vu le décret du 14 juillet 1933 réglementant les conditions de nomination et de promotion dans les ordres coloniaux ;
Vu le décret du 8 septembre 1947 modifiant et complétant les articles 12, 13 et 14 du décret du 14 juillet 1933 ;
Le conseil de l'ordre de la Légion d'honneur entendu,

Décrète :

Art. 1er. — La décoration coloniale du Dragon d'Annam est et demeure supprimée en tant qu'ordre colonial.

Art. 2. — Le garde des sceaux, ministre de la justice, le ministre de la France d'outre-mer et le grand chancelier de la Légion d'honneur sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française et au Bulletin officiel du ministère de la France d'outre-mer.

Fait à Paris, le 5 mai 1950.

Vincent Auriol.

Par le président de la République :
Le président du conseil des ministres, Georges Bidault.
Le ministre de la France d'outre-mer, Jean Letourneau.
Le garde des sceaux, ministre de la justice, René Mayer.

 

 

 

 

 


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